Nida est décidément un incontournable en Lituanie et sûrement le plus bel endroit de l’isthme de Courlande. Nida est un ancien village de pêcheurs et aujourd’hui une destination touristique prisée en Lituanie. Le charme de Nida comme toute autre endroit sur l’isthme réside dans le caractère très protégé de la nature, du calme du village ainsi que sur une architecture colorée et locale. Le miracle est que Nida ait pu garder le caractère qu’elle a eu durant des siècles en tant que village de pêcheurs. Même l’Union soviétique pourtant brutaliste lorsque il s’agit d’amenager un lieu n’a pas dénaturé l’essence de Nida. Au contraire une stricte politique en matière d’immobilier a orienté Nida vers un tourisme qui est tout sauf du tourisme de masse. Et ce ce que l’on aime à Nida, se sentir privilégié et respirer l’air du port, flâner entre les pins et la dune de Parnidis. Les ruelles sont animées mais Nida sait rester calme, les magnifiques maisons en bois entourées de jardins fleuris en sont sûrement pour quelque chose, on ne se lasse pas de les admirer et de les photographier.


NIDA: CHARME ET CALME
On arrive généralement à Nida par le bus ou en voiture, et comme tous les hébergements sont dans le village orienté sur le delta du Niemen, le premier contact avec Nida est son chramant port. Le village rassemble toutes les commodités, hébergements, restaurants, magasins, excursions en bateau… C’est aussi un très bon point de départ pour partir en excursion sur l’isthme que l’on soit en voiture ou en bus.
Une grande promenade longe le delta du Niemen autour de Nida, la balade est agréable entre les maisons de pêcheurs et l’eau calme où les cygnes sont rois. On peut s’enfoncer dans le village et admirer les maisons colorées. Elles ne ressemblent pas aux mansions lituaniennes du « continent ». Celles ci sont en bois, traditionnellement peintes en brun foncé ou dans des tons bleus foncés. Elles sont toutes orientées le pignon vers le port et donc le delta. On ne manquera pas les magnifiques girouettes en fer peint sur les pignons des maisons. Ce sont d’anciens symboles d’identification des navires qui datent du XIXeme siècle.
Le port de Nida se divise en deux bassins, c’est un plaisir de s’y promener au soleil couchant. Depuis le port on a une super vue sur la dune de Parnidis, ainsi que sur la pinède et sur le phare de Nida: Svyturys (comme la bière locale oui!). En fait beaucoup de français comparent Nida à Arcachon, effectivement il y a un petit air mais au risque de me répéter c’est le calme qui séduit ici




DUNE DE PARNIDIS
En empruntant le chemin qui longe le delta en direction de la grande dune au sud on rejoint progressivement Parnidis. On passe des ruelles aux paysages de sable en passant par les pins et par une prairie fleurie au pied de la dune, la balade est jolie. Des escaliers en bois permettent l’ascension de la dune de 52 mètres de haut, tout est très bien aménagé à Nida et sur tout l’isthme généralement. Au sommet de la dune on verra ce qu’il reste d’un cadran solaire géant en granit. Il a été abîmé par un ouragan en 1999.
Arrivé en haut on profite d’une vue panoramique sur tout l’isthme. A gauche le delta du Niemen, qui ressemble à une petite mer intérieure. A droite la mer baltique, normalement plus agitée que le delta. Au devant s’étale l’isthme qui est une succession de sable et de pins. La frontière avec l’enclave russe de Kaliningrad est à moins d’un kilomètre. Lorsque le ciel est bleu, le contraste avec le sable blanc est saisissant. On perçoit la fragilité de cet ensemble soumis à l’erosion et on contemple la nature tout simplement. Un monument représentant un aigle sur une pierre trône en descendant la dune (en direction de la Baltique) il rend hommage aux prisonniers de guerre français qui ont contribué à façonner le paysage de l’isthme durant la première guerre mondiale lorsque la région était sous emprise allemande.

VALLÉE DE LA MORT
Sur la gauche après l’aigle des chemins permettent l’accès à la « vallée de la mort » qui est un espace sauvage fait de dunes coincé entre la dune de Parnidis et la frontière avec Kaliningrad. En réalité un grillage avec des panneaux d’interdiction de passage empêcheront les curieux de continuer jusqu’a la ligne frontière. Ce qui est étonnant dans cette vallée qui n’en est pas vraiment une c’est que l’on est seul au monde. On progresse entre les dunes jusqu’a la mer d’où l’on profite d’un nouveau point de vue sur Parnidis. A quelques centaines de mètres sur la côte on voit une pointe au sud, c’est la Russie !
Si l’on veut se ressourcer ou simplement faire une pause au calme c’est ici qu’il’faut venir. Les touristes n’ont pas l’air de venir jusque là se contentant de rester au niveau du cadran solaire. Il faut rester sur le chemin balisé (les panneaux avec un élan) d’une part parce que c’est plus facile pour avancer que de marcher au milieu de dunes et aussi pour préserver l’equillibre fragile de l’isthme.


AUTOUR DE NIDA
Une jolie balade consiste à remonter de Nida ou de Parnidis vers la mer baltique en passant par le phare de Nida. Il faut traverser l’isthme qui doit faire un peu plus d’un kilomètre de large à cet endroit. Même sans carte ou gps il est impossible de se perdre. On traverse les pinèdes dont l’espèce de pin est originaire du Danemark et a été implantée afin de prévenir le déplacement des dunes nuisible à l’implantation de l’homme sur l’isthme. On arrive alors au phare (Svyturys) qui est blanc et rouge et très mignon.
On peut alors continuer vers la Baltique à travers les pins. On trouve quelques cabanes abritant snacks et bars le long des chemins principaux. Fin mai, malgré un temps frais pour la saison les terrasses sont remplies. Comme en Europe du Nord des plaids sont disposés sur les chaises en cas de frisson. Passé une petite dune on arrive sur la plage interminable qui s’étire le long de la Baltique. L’eau a des reflets argentés un peu comme sur la côte d’Opale en France. Les rouleaux et le sable fin n’invitaient pas spécialement à la pause et à la baignade à cause des 10 petits degrés qu’il faisait! Mais l’endroit est splendide. Sur les photos de l’office de tourisme on voit des élans se baigner avec les vacanciers, cela doit être dépaysant.


CÔTÉ PRATIQUE:
Comment se rendre à Nida?
Nida est situé au bout de la partie lituanienne de l’isthme à environ 40 km de Smiltyne. Il faut d’abord traverser le bras de mer séparant le continent de l’isthme. Si l’on vient en voiture depuis Klaipeda on peut prendre le ferry au nouveau terminal, tout est expliqué sur https://www.keltas.lt/en/timetable/. En arrivant sur l’isthme il faudra s’aquiter d’un droit de passage 5€/voiture) sur un péage. Les options de stationnement sont limitées sur l’isthme, mais la voiture permet d’être le plus libre selon moi.
Sans voiture on prend le ferry piéton à Klaipeda (1€ pour un supplément vélo) jusqu’à Smiltyne (1€ A/R) la traversée dure deux minutes ou jusqu’à Nida (12€) et cela dure deux heures. Plusieurs compagnies de bus font la navette régulièrement entre Smiltyne et Nida en passant par tous les villages et lieux d’intérêts sur l’isthme.
Une piste cyclable court le long de l’isthme sur la partie lituanienne ce qui est idéal pour un voyage en vélo. On peut louer des vélos à Nida pour environ 10€ la journée.